Un petit avion a décollé en octobre 2025 de l’aéroport de Griffith, dans l’arrière-pays australien, avec à son bord un nouvel instrument de navigation. L’appareil embarqué pourrait changer la façon dont drones, navires et avions américains se repèrent dans des zones de guerre, en se substituant aux systèmes satellitaires comme le GPS, explique La Crème du Gaming.
Le principe tient en quelques mots : l’instrument projette des rayons laser sur des atomes, qui se comportent alors comme les aiguilles d’une boussole en mesurant le champ magnétique terrestre en temps réel. Les données recueillies sont ensuite comparées à une carte de ce champ magnétique pour déterminer une position précise, sans passer par un seul satellite.
Cette recherche répond à une préoccupation très concrète des États-Unis et de leurs alliés : le signal GPS n’est plus fiable partout. En Ukraine, les forces russes brouillent et falsifient régulièrement les signaux satellites, ce qui rend la navigation par satellite non fiable sur le terrain. La Chine et la Corée du Nord disposent de capacités comparables de brouillage et de leurrage.
Un principe déjà validé en mer
L’idée de naviguer grâce aux anomalies du champ magnétique terrestre n’est pas propre à l’essai australien. Les roches de la croûte terrestre créent des variations magnétiques qui forment une forme d’empreinte digitale géographique, mesurable par des capteurs quantiques ultra-sensibles comme les magnétomètres à atomes de rubidium ou les capteurs à centres NV dans le diamant. Des systèmes baptisés MagNav ou GravNav s’appuient déjà sur ce principe pour corriger la dérive d’un avion ou d’un navire.
La société Q-CTRL a démontré en mer qu’un navire de 29 mètres pouvait tenir un parcours d’environ 83 kilomètres avec une erreur limitée à près d’un mille nautique, soit environ 1,85 km. Le principal obstacle reste l’absence d’une carte magnétique mondiale suffisamment détaillée, un chantier sur lequel chercheurs et start-up travaillent activement.
Dans cette matière encore en construction, la start-up Infleqtion s’est distinguée en développant l’un des premiers capteurs quantiques du genre. L’entreprise a reçu un financement de 11 millions de dollars de l’armée américaine, annoncé le lundi 2 décembre 2024. L’appareil a la taille d’une imprimante de bureau : une miniaturisation reste nécessaire avant d’envisager son intégration dans un téléphone ou une voiture.
Le GPS satellite souffre de limites structurelles que cette technologie cherche justement à contourner. Il nécessite une ligne de mire directe avec les satellites et ne fonctionne ni en sous-sol, ni sous l’eau, ni dans une forêt dense. Un signal brouillé ou piraté peut en outre envoyer de fausses informations de localisation, avec des conséquences potentiellement catastrophiques pour un missile.
Pour limiter ces risques, plusieurs grandes nations ont déjà développé leurs propres systèmes équivalents, comme Galileo pour les Européens, ainsi que des dispositifs chinois, russes, japonais et indiens.
L’objectif affiché à terme est de remplacer le GPS actuel, y compris dans les téléphones et les voitures. À plus court terme, cette navigation qualifiée d’émergente pourrait d’abord équiper des avions ou des bateaux, avant toute généralisation au grand public.




