Batteries : les principaux fabricants demandent une ligne claire à Bruxelles

Pour survivre à la concurrence étrangère, les principaux fabricants européens de batterie réclament un soutien accru de Bruxelles à la filière.

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Batteries : les principaux fabricants demandent une ligne claire à Bruxelles © L'Automobiliste

L’Union européenne a décidé d’accélérer son calendrier concernant la vente de voitures neuves électriques. Mais, depuis, Bruxelles n’est pas insensible au lobbying des constructeurs. Ces derniers demandent plus de temps, tandis que les fabricants de batteries électriques réclament un cap clair.

Les fabricants de batteries électriques en quête d’un horizon


Les principaux acteurs européens des batteries pour voitures électriques viennent d’adresser un message pressant à Bruxelles. PowerCo, Verkor et ACC demandent des milliards d’euros d’aides publiques afin de soutenir une filière fragilisée par une concurrence mondiale féroce. Cette revendication met en lumière l’écart croissant entre l’ambition de l’Europe en matière de transition énergétique et les moyens réellement déployés pour renforcer son industrie stratégique.


Le communiqué conjoint publié par PowerCo, Verkor et ACC illustre l’urgence ressentie dans le secteur. « Sans un soutien immédiat et ciblé à la production locale, l’Europe court le risque de perdre son autonomie stratégique sur une technologie clé du XXIᵉ siècle », avertissent les trois entreprises. Le ton employé traduit une inquiétude croissante, au moment où les investissements étrangers se multiplient dans le domaine des batteries.


La dépendance actuelle est particulièrement frappante. Selon l’AFP, relayée par Connaissance des Énergies, « aujourd’hui, 99 % des batteries sont fabriquées par des acteurs non européens ». Autrement dit, malgré l’émergence de projets ambitieux sur le continent, l’essentiel de la valeur ajoutée échappe encore à l’Europe. Cette situation fragilise directement la filière automobile, contrainte d’importer des composants stratégiques pour produire des voitures électriques compétitives.


Des milliards investis, mais un retard persistant


Depuis cinq ans, les gouvernements européens ont pourtant consenti d’importants efforts financiers. En France, plus de 3 milliards d’euros de fonds publics ont déjà été injectés, notamment dans la région de Dunkerque, afin d’attirer des usines de production de batteries. De son côté, la Commission européenne a débloqué en juillet dernier 852 millions d’euros via le Fonds pour l’innovation afin de financer six projets industriels liés aux cellules de batteries.


Malgré ces soutiens, la compétitivité des acteurs européens reste limitée. La faillite du Suédois Northvolt, pourtant considéré comme un pionnier et soutenu par de vastes levées de fonds, en est une illustration dramatique. Dès lors, la perspective fixée par l’Union européenne de produire 90 % de ses batteries en interne d’ici à 2030 paraît de plus en plus incertaine.


Un risque de disparition pour les usines européennes


L’avertissement rejoint celui formulé en juin dernier par plusieurs ONG et associations professionnelles. Le « Clean Industrial Deal », proposé par la Commission, faisait l’impasse sur les aides directes à la production, pourtant jugées essentielles par de nombreux acteurs. Faute de mesures plus ambitieuses, le Vieux Continent risque de voir ses projets industriels étouffés par des concurrents bénéficiant d’un soutien public massif.


Le parallèle avec les États-Unis est inévitable. L’Inflation Reduction Act (IRA), adopté à Washington, prévoit des subventions directes et massives pour relocaliser la production de batteries et de composants stratégiques. Ce dispositif a déjà attiré plusieurs investissements majeurs, accentuant la pression sur les industriels européens. Ursula von der Leyen a promis, le 23 juin 2025, une réponse de type IRA, en conditionnant toutefois les aides au partage de technologies et à des collaborations locales.


Cette approche pourrait sembler plus équilibrée, mais elle est jugée trop lente par les industriels. PowerCo, Verkor et ACC insistent sur la nécessité d’un mécanisme d’aide immédiat, estimant que, sans mesure rapide, les objectifs climatiques et industriels de l’Union européenne seront compromis.

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