En septembre 2025, le marché français de l’automobile a progressé timidement, avec une hausse de 0,97 % des immatriculations. Si cette embellie peut sembler marginale, c’est bien le dynamisme des voitures électriques qui attire l’attention. Leurs ventes ont franchi un seuil symbolique, consolidant leur place au cœur de la transformation industrielle du secteur.
Un bond historique des ventes de voitures électriques en France
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Avec 140 354 véhicules neufs immatriculés en septembre, la progression globale du marché n’a pas dépassé 1 %. Mais la véritable surprise réside dans la performance des voitures électriques, qui ont totalisé 31 439 unités. Cette percée représente 22,4 % du marché, un record absolu depuis le début du suivi statistique par la Fiev. Cette avancée de +11,2 % par rapport à l’an dernier démontre que les ventes électriques ne sont plus un segment de niche mais un pilier du marché.
Cette accélération n’est pas uniquement portée par les particuliers. Les immatriculations B2B, c’est-à -dire celles des flottes d’entreprises et des loueurs, jouent un rôle moteur. « Portées par les entreprises, les immatriculations de véhicules électriques ont progressé de 11,2 % en septembre 2025 pour atteindre une part de marché record de 22,4 % », analyse JournalAuto. Le basculement semble donc structurel. Les flottes intègrent massivement les voitures électriques, répondant à la fois aux obligations réglementaires et à la pression environnementale.
Tesla et Renault : stratégies contrastées dans l’électrique
Dans ce contexte de croissance, Tesla continue de jouer un rôle central. Ses ventes en France ont progressé de 2,74 % en septembre, atteignant 5 584 immatriculations, d’après Reuters. Le modèle Y reste le fer de lance du constructeur américain : avec 4 844 unités immatriculées, il reprend la tête des voitures électriques vendues en France, confirme la Fiev. Cette performance permet à Tesla de retrouver une dynamique positive, après des mois difficiles en Europe où ses immatriculations avaient chuté de 42,9 % entre janvier et août. Comme le souligne Andy Palmer, président de l’association Electric Vehicles UK, dans des propos partagés par Boursorama : « Tesla est peut-être encore un gros poisson, mais l’étang est maintenant plein de concurrents sérieux ».
Renault incarne précisément cette concurrence. La nouvelle R5 E-Tech a séduit 2 537 clients en septembre, selon la Fiev, confirmant la bonne forme du constructeur français. Mieux encore, sur le segment B2B, Renault domine largement, 1 684 immatriculations contre 1 211 pour Tesla. Cette dynamique démontre la capacité du groupe à s’ancrer dans les flottes, un levier stratégique de long terme. Alors que Tesla mise sur le prestige de ses modèles phares, Renault capitalise sur un réseau solide et une offre adaptée aux besoins des gestionnaires de parcs.
Les entreprises, moteur du record des voitures électriques
Le rôle des entreprises apparaît décisif dans ce record. Dans le top 10 des ventes électriques B2B, Renault occupe la première place, suivi de Tesla, Audi, Peugeot et Volkswagen. Ce basculement traduit un mouvement de fond. Les gestionnaires de flottes, incités par les ZFE (zones à faibles émissions) et les politiques publiques, privilégient désormais les voitures électriques. L’adoption s’appuie sur des incitations fiscales, mais aussi sur la volonté des entreprises de réduire leur empreinte carbone et d’améliorer leur image auprès des clients et salariés. Toutefois, ce record ne doit pas masquer certaines fragilités.
Si Tesla a progressé en France, ses immatriculations reculent encore sur plusieurs marchés européens, avec une chute de 32,6 % dans l’Union européenne entre janvier et août. En Suède, la marque a vu ses ventes s’effondrer de 64 % en septembre, à seulement 1 726 voitures. Ces chiffres rappellent que la croissance des voitures électriques reste dépendante des contextes locaux, des incitations fiscales et de la capacité des constructeurs à renouveler leur offre.

