Les malfrats se sont mis à utiliser des traceurs GPS pour choper leurs futures cibles. Ces petits appareils, faciles à trouver et à poser, leur permettent de suivre discrètement les véhicules avant de frapper. Même s’ils semblent high-tech, ces outils représentent un vrai souci pour les propriétaires qui se retrouvent souvent complètement démunis face à cette menace invisible.
Une utilisation dérivée inquiétante
Au départ, les traceurs GPS étaient là pour aider les automobilistes à sécuriser leur voiture. Mais l’usage a glissé vers des fins mal intentionnées. En 2021, la police de la région de York en Ontario, Canada a constaté une hausse marquée de l’utilisation des « Apple AirTags » par des voleurs visant des véhicules de luxe. La tendance s’est ensuite répandue en France en 2023, et les infos ont circulé via des vidéos sur les réseaux sociaux.
Ces petits dispositifs se placent dans des endroits bien choisis : pare-brise, grille de calandre, sous le châssis, dans une roue ou même à l’intérieur d’un rétroviseur. Une fois en place, ils permettent aux voleurs de suivre les déplacements de la voiture et de surveiller les habitudes de son propriétaire. Comme le souligne Jean Delene Moissy du syndicat de police nationale Alliance Seine-et-Marne : « L’utilité de la balise, c’est principalement d’étudier les mouvements du véhicule. »
Des réseaux bien organisés
Les voleurs ne travaillent pas en solo ; ils font souvent partie de réseaux bien rodés qui reçoivent des commandes spécifiques concernant certaines marques ou pièces détachées. Ces groupes sont capables de localiser précisément un véhicule en temps réel et d’intervenir au bon moment pour le dérober. Bruno Bartocetti, responsable régional du syndicat UN1TÉ pour la zone Sud, témoigne sur TF1 : « Lorsqu’on leur demande une marque bien précise […] ils peuvent à l’instant T aller chercher le véhicule. »
Une enquête menée près de Marseille (Bouches-du-Rhône) a permis de démanteler un réseau organisé, soupçonné d’avoir visé plusieurs centaines de voitures en s’appuyant sur le traçage GPS. En un an seulement, environ 900 traceurs ont été retrouvés dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Accessibilité et légalité : un contraste saisissant
L’accès facile aux traceurs GPS est étonnant : ces appareils se trouvent légalement sur Internet pour moins de 10 euros. Cependant, leur utilisation sans autorisation est interdite et peut entraîner jusqu’à un an de prison ainsi qu’une amende pouvant atteindre 45 000 euros.
Pour se protéger contre ce genre de dérives, plusieurs gestes simples peuvent être adoptés par les propriétaires. Il est conseillé d’utiliser un téléphone capable de détection des traceurs et de vérifier régulièrement les recoins de son véhicule. Garer sa voiture dans un garage fermé et utiliser des antivols physiques, comme des verrous sur les ports électroniques, restent également de bonnes pratiques.






