On les voit tous les jours en voiture… mais personne ne sait vraiment à quoi ils servent

Saviez-vous qu’en 2022, 273 décès sur les routes étaient liés à des collisions avec des arbres ?

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On les voit tous les jours en voiture… mais personne ne sait vraiment à quoi ils servent
On les voit tous les jours en voiture… mais personne ne sait vraiment à quoi ils servent © L'Automobiliste

Les rangées d’arbres, ces alignements qui bordent nos routes et champs, ont une histoire passionnante mêlant stratégie militaire, tradition paysagère et utilité en ville. Depuis leur apparition au XVIe siècle jusqu’à leur rôle dans la sécurité routière moderne, ces arbres marquent durablement notre environnement et notre patrimoine.

Un passé qui se lit dans les arbres

Les rangées d’arbres, ce n’est pas qu’une jolie touche de verdure : elles racontent une vieille tradition qui longe des kilomètres de paysage. En 1552, le roi Henri II de France ordonne la plantation d’ormes le long des grands chemins afin d’empêcher l’empiètement sur les parcelles agricoles tout en fournissant des ressources forestières qui se renouvellent. Ces arbres servaient de repères précieux pour les voyageurs d’une époque où les cartes se faisaient rares.

Sous l’époque napoléonienne, la fonction des arbres prend un tournant militaire. Napoléon Ier en profite pour planter des platanes entre 1802 et 1815. Leur bois était transformé en affûts de canons et en bateaux de guerre, et ils offraient également de l’ombre et un abri aux troupes le long du canal du Midi, mêlant ainsi sécurité et beauté du paysage.

Des usages militaires à l’aménagement urbain

Au XIXe siècle, les boulevards bordés d’arbres deviennent un trait marquant des villes. Ces alignements contribuaient à atténuer les tirs d’artillerie, intégrant la défense militaire dans l’évolution urbaine. Les anciens remparts laissent place à des buttes de terre parées d’arbres, appelées « boulevards », qui participent à rendre les quartiers plus accueillants.

Cette idée novatrice se retrouve dans plusieurs villes autour du globe. À Sodoké (Togo), Tuléar (Madagascar) et Bangalore (Inde), des essences locales comme les eucalyptus, faux poivriers et manguiers sont plantées pour transformer le paysage urbain tout en encourageant la biodiversité (les espèces indigènes étant favorisées).

Un souvenir vivace malgré le déclin

Au début de la Première Guerre mondiale, on comptait trois millions d’arbres d’alignement qui servaient de repères aux soldats. En 1915, malgré un rejet, l’officier anglais Gillespie propose de créer une allée commémorative, preuve de l’attachement symbolique à ces arbres. Des plantations commémoratives voient le jour à Vimy dans le Pas-de-Calais et en Australie pour honorer les soldats tombés au combat.

Cependant, après la Seconde Guerre mondiale, l’essor de l’automobile contribue au déclin progressif de ces alignements. Dans les années 1970, ils sont jugés risqués face à une circulation routière en forte montée.

Aujourd’hui, entre beauté et sécurité

Même de nos jours, les rangées d’arbres gardent une valeur tant esthétique qu’historique. Elles évoquent les époques militaires passées et rappellent aussi leur rôle commémoratif. Toutefois, elles posent un défi en matière de sécurité routière : en 2022, sur les 1 565 décès enregistrés sur les routes métropolitaines, 273 étaient liés à des collisions avec un arbre.

Pour prévenir ces drames tout en préservant ce patrimoine vert unique, il faut respecter à la lettre les limitations de vitesse sur les départementales.

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