Le constructeur Mercedes a annoncé, le 9 juillet, abandonner son objectif d’un avenir 100 % électrique à l’horizon 2030 est abandonné. En lieu et place, une nouvelle ligne « rationnelle », assumée par le PDG Ola Källenius, réhabilite les moteurs thermiques et hybrides. À l’origine de ce retournement ? Un modèle que la marque voulait mythique, l’EQS.
Mercedes revoit sa copie : le 100 % électrique ne passera pas par 2030
Deux ans. C’est le temps qu’il aura fallu à Mercedes pour passer de la promesse à la capitulation. Finie l’ambition d’un catalogue 100 % électrique à l’horizon 2030. Le 9 juillet 2025, Ola Källenius lâche une phrase qui scelle cette volte-face dans un entretien accordé au média Auto Motor und Sport : « Les thermiques hybrides dureront plus longtemps que prévu ».
Mercedes garde donc ses moteurs à combustion plus longtemps. Ce renoncement n’est pas une simple inflexion. C’est un tournant. Il intervient alors que les ventes d’électriques du groupe plongent de 23 %, pendant que le marché global de l’EV progresse. L’échec commercial est d’autant plus retentissant que le symbole de cette ambition déçue, l’EQS, devait être l’équivalent électrique de la légendaire Classe S.
EQS : la Classe S du futur ou l’impasse du présent ?
Sur le papier, tout y était. L’EQS promettait une autonomie record, un habitacle bardé de technologie, la fameuse interface Hyperscreen et une finition de haute couture. En pratique ? Les clients fidèles à Mercedes ont déserté le modèle. Trop d’incertitudes, pas assez d’émotion, et surtout, une autonomie jugée insuffisante pour une clientèle habituée aux longs trajets sans contrainte.
Mais au-delà de ces considérations techniques, c’est la symbolique qui cloche. Acheter une Classe S, c’est affirmer un rang, un statut. L’électrique, même enveloppé de cuir Nappa, ne produit ni la même aura, ni le même frisson. Et comme l’admet implicitement Mercedes, dans des propos rapportés par le site Frandroid, beaucoup de ses clients ne veulent pas « faire dans l’écologie », pas pour l’instant.
Quand AMG renoue avec les V8 : la déroute des 4 cylindres
Le segment le plus emblématique de cette débandade électrique est sans doute AMG, la division sportive du groupe. Dans une tentative d’adaptation aux normes européennes, Mercedes y avait imposé des moteurs hybrides à 4 cylindres, même dopés à 680 chevaux. Mais ce fut un échec total. Chez AMG, les clients déboursent plus de 100 000 euros.
Et ils veulent du grondement, pas du silence. Mercedes a donc été contrainte de réintégrer ses V8, électrifiés certes, mais bien thermiques. BMW, avec son choix de maintenir les blocs 6 et 8 cylindres, avait visiblement compris plus tôt. Ici, l’électrique ne pèse pas lourd face au son, à la puissance, à la tradition. Le luxe reste viscéralement émotionnel.
CLA : l’électrique repensée pour les classes moyennes
Face à ces échecs en haut de gamme, Mercedes change de cible. Place désormais à une offensive par le bas, avec un modèle censé réconcilier le grand public avec son virage électrique, la CLA. Disponible dès 2026, cette berline compacte proposera jusqu’à 792 km d’autonomie, 325 km récupérables en 10 minutes grâce à une architecture 800 volts et une recharge ultra rapide de 320 kW.
Mais là encore, prudence, la CLA sera aussi proposée en version thermique mild-hybride. Mercedes ne veut plus tout miser sur l’électrique. Elle veut vendre la bonne technologie au bon endroit. En Chine, où l’électrique est déjà incontournable, la gamme EQ continue. En Europe et aux États-Unis, l’heure est au sur-mesure.






