Alpine A110, Peugeot 405 T16, Subaru Impreza, Renault Mégane RS… Ces noms vous parlent ? Ils ont surtout marqué des générations de gendarmes et de conducteurs. En 2025, ils reprennent la route. Et pas n’importe laquelle.
La Gendarmerie nationale s’offre une vitrine historique
Sur les routes du Tour de France 2025, ce ne sont pas seulement Tadej Pogaçar, Jonas Vingegaard, ou Mathieu van der Poel, que le public attendra. À Saint-Malo, le 11 juillet, puis sur l’avenue des Champs-Élysées à Paris le 27, les véhicules de collection de la Gendarmerie nationale ouvriront la caravane officielle. Une première mise en lumière portée par le Fonds de dotation pour le musée de la Gendarmerie nationale (FDMGN), fondé en mars 2022 avec Jean Todt pour président d’honneur.
Sa mission ? Préserver, restaurer et valoriser le patrimoine motorisé de l’institution. Et ce, grâce à des partenaires comme l’ACO (Automobile Club de l’Ouest), ASO (Amaury Sport Organisation), responsable de l’organisation chaque année du Tour de France, et Motul. Le FDMGN agit sur quatre axes : conservation, rayonnement, pédagogie et recherche. Un travail de fond appuyé par près de 80 véhicules à quatre roues, 100 motos, des blindés, un hélicoptère et même une motoneige.
Quatre modèles historiques ouvriront la marche. Chacun d’eux incarne une époque, une méthode, une vision de l’interception sur route. En tête de cortège : l’Alpine A110 1600S « Berlinette », restaurée par Méca Rétro Sport 76. Ce bolide de 125 chevaux (ch), utilisé entre 1970 et 1979, se reconnaît à son absence de compte-tours, à son chronotachygraphe embarqué et à son style affûté. Produite à seulement 14 exemplaires pour la Gendarmerie, elle résume à elle seule un âge d’or.
Autre monument : la Peugeot 405 T16, fleuron de la période 1995–2005, avec son moteur 2,0 litres turbocompressé développant jusqu’à 220 ch en overboost et sa transmission intégrale permanente. Une véritable « flèche bleue », capable d’atteindre 235 km/h.
Puis vient la Subaru Impreza WRX, premier véhicule étranger de la Gendarmerie, entre 2006 et 2014. Avec son moteur boxer de 225 ch et sa transmission intégrale symétrique, elle a imposé un style plus radical.
Enfin, la Renault Mégane RS 3, fleuron contemporain de l’arsenal autoroutier, boucle la sélection. Encore active sur certaines routes en 2024, cette sportive de 250 à 265 ch, équipée par Durisotti, allie performance et sobriété. Un total de 65 exemplaires ont été livrés.
Le Tour de France 2025 comme tremplin mémoriel
Ce n’est pas un simple défilé. C’est une stratégie. En s’alignant sur les routes les plus médiatisées de France, le FDMGN cherche à inscrire la mémoire de la Gendarmerie dans la conscience collective. « Ces véhicules sont bien plus que des machines, ce sont des témoins vivants de l’histoire de notre Institution », précise le Fonds.
Le choix du Tour n’est pas anodin : il mêle sport, spectacle et mémoire. Et offre une vitrine unique à ces machines longtemps invisibles. Une manière de raconter autrement l’histoire de la sécurité routière, de l’évolution technique et du lien entre autorité et mobilité.
Au-delà de la mécanique, c’est un projet culturel. Le FDMGN mène des actions pédagogiques dans les écoles, soutient la recherche historique sur le matériel motorisé, et collecte des fonds pour préserver une mémoire mécanique en voie de disparition.
En présentant ses véhicules lors d’événements d’envergure, le Fonds donne une seconde vie à ces engins. Le but ? Permettre au grand public de redécouvrir ces fragments d’histoire, tout en reconnaissant la singularité du patrimoine motorisé de la Gendarmerie nationale.






