Les rumeurs circulaient. Aujourd’hui, elles s’enracinent dans des tests, des démentis, et une stratégie à long terme. Le géant chinois BYD, pionnier de l’électrique, travaille d’arrache-pied sur une batterie solide de nouvelle génération. Objectif ? Propulser ses modèles à plus de 1 500 km d’autonomie, avec une recharge en dix minutes. L’annonce officielle d’un modèle équipé est prévue pour 2027, mais les premiers chiffres de performance, aussi étonnants soient-ils, soulèvent autant d’enthousiasme que d’interrogations.
Des tests grandeur nature : vers une autonomie record ?
Tout a commencé avec les premiers essais routiers d’une BYD Seal équipée d’une batterie solide. Selon les données révélées par Numerama, cette berline expérimentale aurait atteint jusqu’à 1 875 km d’autonomie selon le cycle chinois CLTC, soit l’équivalent de 1 500 km en cycle WLTP. Une autonomie qui dépasse tout ce que propose actuellement le marché. La densité énergétique affichée est de 400 Wh/kg, presque le double des standards lithium-ion actuels.
Et ce n’est pas tout : 80 % de la batterie pourraient être rechargés en 12 minutes. Des chiffres qui font rêver… mais qui n’engagent encore officiellement personne.
BYD tempère, mais ne recule pas
Interrogée par plusieurs médias, la marque a cependant pris soin de clarifier : non, la BYD Seal ne sera pas le premier modèle à bénéficier de cette innovation. Le constructeur a déclaré que « le premier modèle et ses spécifications n’ont pas été officiellement annoncés », comme le rappelle CarNewsChina.
Une stratégie prudente confirmée également par Automobile Propre, qui précise que BYD vise 2027 pour une première commercialisation, avec une production de masse à partir de 2030 seulement. D’ici là, ce sont probablement les marques premium du groupe, Denza ou Yangwang, qui auront la primeur de cette technologie.
Une batterie solide de 200 kWh : réaliste ou fantasme ?
C’est l’un des points les plus intrigants du dossier. Toujours selon Automobile Propre, les tests réalisés avec un pack de même volume que les batteries 82,5 kWh actuelles laissent penser que la nouvelle architecture pourrait atteindre les 200 kWh. Un bond technologique qui pourrait expliquer cette autonomie inédite, sans compromis sur l’habitabilité ou le poids.
BYD Kroely, le distributeur officiel en France, ajoute que la batterie 60 Ah est déjà en production pilote depuis 2024. Le constructeur promet une autonomie de 1 500 km, une sécurité renforcée – notamment face aux incendies – et une recharge complète en 10 minutes. L’objectif : équiper les modèles haut de gamme dès 2027, puis démocratiser cette technologie après 2030.
Huawei, Tesla, LFP : le match des géants
La course est lancée. Tandis que Huawei promet des batteries à 3 000 km d’autonomie, BYD préfère miser sur la maturité industrielle. Cette approche pragmatique pourrait lui permettre de devancer technologiquement ses concurrents, tout en restant fidèle à ses autres solutions : les batteries Blade ou LFP resteront en production pour les gammes plus abordables, comme l’indique BYD Kroely.
En parallèle, BYD fournit également ses technologies à Tesla, consolidant son influence sur le marché mondial des batteries solides pour voitures électriques.
La stratégie 2025-2032 : densité, puissance, autonomie
Lors du China All-Solid-State Battery Innovation and Development Summit Forum, BYD a présenté une feuille de route ambitieuse : démarrages pilotes en 2024, premières démonstrations en 2027, généralisation en 2032. Les premiers véhicules ciblés sont les berlines et SUV comme la Han, la Seal U DM ou la Dolphin. Objectif : offrir plus de 1 000 km d’autonomie réelle dès les premiers modèles.
Cette avancée s’accompagne d’un réseau de superchargeurs de 1 000 kW et d’une optimisation via intelligence artificielle pour accélérer le développement et abaisser les coûts de production.






