Tesla a mis en circulation, le 22 juin, à Austin au Texas, une poignée de véhicules électriques autonomes dans le cadre de son premier service de robotaxi. À peine quelques heures après leur lancement, ces Model Y, bardés de capteurs et dirigés par l’intelligence artificielle du logiciel « Full Self-Driving » (FSD), étaient déjà au cœur d’une enquête de la National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA), l’agence fédérale chargée de la sécurité routière. L’objet de cette attention ? Plusieurs incidents diffusés sur les réseaux sociaux mettant en cause le comportement de ces véhicules autonomes.
Robotaxi Tesla : des incidents en cascade
Les images ont rapidement circulé. On y voit des robotaxis Tesla griller des priorités, circuler à contresens ou encore dépasser les limitations de vitesse dans les rues d’Austin. Une démonstration technologique virant au camouflet public pour le constructeur, qui espérait faire de cette expérimentation un tremplin vers une domination mondiale du transport autonome.
Réaction immédiate de la NHTSA. Dans un communiqué transmis à l’AFP, l’agence a déclaré : « La NHTSA enquête sur des incidents potentiellement liés à des défaillances en matière de sécurité » et « prendra les mesures nécessaires pour protéger la sécurité routière ». Tesla, sommé de fournir des explications, a confirmé avoir transmis des documents, tout en exigeant la confidentialité complète de leur contenu.
Une technologie sous surveillance : le Full Self-Driving sur la sellette
Le logiciel de conduite autonome de Tesla, le fameux FSD, fait déjà l’objet d’une enquête depuis octobre 2024 après plusieurs accidents mortels impliquant des véhicules utilisant ce système. L’arrivée du robotaxi n’a fait que relancer les soupçons autour de la fiabilité de cette technologie, que la firme d’Elon Musk promeut pourtant comme la clé de son avenir.
Le service lancé le 22 juin 2025 à Austin ne concerne qu’une dizaine de véhicules opérant dans un périmètre géographique restreint. Ce déploiement pilote, censé être ultra-contrôlé, a néanmoins été entaché de dysfonctionnements visibles. « La NHTSA est en train d’examiner les informations fournies par Tesla », a précisé le régulateur, dans des propos rapportés par Le Figaro, alors même que la firme revendique que ses véhicules respectent les « rigoureux standards de sécurité » fédéraux.
L’encadrement juridique à la traîne : Tesla avance, les lois peinent à suivre
Le robotaxi de Tesla a été lancé dans un cadre légal texan encore flou. Sept élus locaux avaient même adressé une demande au constructeur afin de reporter l’activation du service jusqu’à l’entrée en vigueur d’une nouvelle législation prévue au 1er septembre 2025. Celle-ci doit mieux encadrer les essais de véhicules sans conducteur sur la voie publique. Mais Tesla a devancé les autorités. Dans ce vide juridique, la NHTSA ne peut qu’agir a posteriori, en s’appuyant sur le Vehicle Safety Act, qui autorise l’agence à demander des comptes mais pas à bloquer en amont une technologie jugée risquée.
Pendant ce temps, les véhicules continuent de circuler. L’enquête actuelle ne vise pas uniquement les écarts de conduite, mais aussi les conditions opérationnelles : gestion des environnements complexes, réactions aux imprévus, et nature de la supervision humaine embarquée. Si les robotaxis Tesla sont théoriquement sans conducteur, ils bénéficient d’une surveillance à distance par un opérateur passif, ce qui soulève des interrogations sur la réactivité en cas de dysfonctionnement.






