Sur la sangle de la ceinture de sécurité, juste avant la languette métallique, se trouve souvent un petit bouton noir en plastique. Sa fonction : servir de butée. Quand la ceinture se rétracte après avoir été détachée, ce bouton empêche la languette de glisser trop bas le long du tissu, explique le magazine Marie France.
Sans lui, la gravité ferait tout le travail. La languette coulisserait librement vers le bas, jusqu’à se retrouver près du siège, voire au ras du plancher selon la configuration du véhicule. Il faudrait alors se pencher, la chercher à tâtons, puis la faire remonter le long de la sangle avant de pouvoir s’attacher.
Un détail qui deviendrait vite agaçant au quotidien, en particulier pour qui monte et descend fréquemment de voiture, ou aide des enfants à s’installer à bord.
Grâce à ce blocage physique, la languette reste à une hauteur facilement accessible. Il suffit de tendre le bras pour l’attraper, sans avoir à la chercher. Le mécanisme ne nécessite aucune pièce mobile sophistiquée : il bloque simplement la languette lorsqu’elle arrive à sa hauteur. Une pièce en plastique dont le coût de fabrication se chiffre à quelques centimes d’euros.
Aucun rôle en cas de choc
Ce bouton n’intervient pas dans la protection des occupants lors d’un accident. Une ceinture continue d’assurer sa fonction principale même si cette butée est absente ou abîmée, à condition que le système de retenue proprement dit reste en bon état. Sa détérioration n’est d’ailleurs pas considérée comme un défaut à elle seule lors du contrôle technique.
L’historique des dispositifs de retenue remonte à la fin du XIXe siècle, mais c’est l’ingénieur suédois Nils Bohlin, alors employé par Volvo, qui met au point la ceinture à trois points en 1958. Son principe retient simultanément le bassin et le haut du corps grâce à une seule sangle, un système devenu depuis incontournable dans l’automobile.
Volvo la démocratise dès l’année suivante sur son modèle PV 544, avant de breveter dix ans plus tard l’enrouleur qui permet à la ceinture de rentrer automatiquement.
En France, ce geste devenu machinal n’a été rendu obligatoire qu’à partir de 1979. Avant cette date, le port de la ceinture restait laissé à la libre appréciation des passagers, à une époque où le nombre de sièges ne correspondait pas toujours au nombre de personnes autorisées à bord.
Un composant de quelques millimètres, qui illustre comment l’automobile repose aussi sur des solutions très simples pour faciliter la vie de ses occupants.


