Grands rouleurs : l’indemnité carburant augmentée à 100 euros jusqu’à décembre

Le gouvernement reconduit l’indemnité carburant destinée aux grands rouleurs pour le dernier trimestre 2026, en doublant son montant à 100 euros. Avec un élargissement des critères d’éligibilité, ce sont désormais 5,5 millions de travailleurs qui pourront bénéficier de cette aide, contre trois millions précédemment. Les demandes ouvriront le 22 octobre, avec un versement automatique pour ceux ayant déjà perçu l’aide lors de la première phase.

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Grands rouleurs : l'indemnité carburant augmentée à 100 euros jusqu'à décembre
Grands rouleurs : l’indemnité carburant augmentée à 100 euros jusqu’à décembre © L'Automobiliste

Le gouvernement a décidé de prolonger jusqu’en décembre l’aide pour les grands rouleurs, ces automobilistes qui utilisent leur véhicule quotidiennement pour le travail. Initialement prévue jusqu’au 30 septembre 2026, l’indemnité carburant est étendue de trois mois et son montant passe de 50 à 100 euros, dans un contexte de prix à la pompe toujours élevés.

Annoncée par Sébastien Lecornu le 22 avril dernier, l’aide a été introduite le 27 mai pour soulager les budgets des ménages qui dépendent le plus de leur voiture. Au dernier trimestre 2026, les 100 euros versés représentent une subvention de 40 centimes par litre pour une consommation moyenne sur trois mois, contre 20 centimes lors de la première phase.

Élargissement des critères d’éligibilité à 5,5 millions de travailleurs

Le dispositif est désormais ouvert à un public plus large. De trois millions de personnes concernées initialement, le nombre de bénéficiaires potentiels passe à 5,5 millions de travailleurs. Cet élargissement est rendu possible par une augmentation des plafonds de revenus, permettant d’inclure davantage de ménages modestes et intermédiaires.

D’octobre 2026, l’aide est accessible aux personnes seules gagnant jusqu’à 2.035 euros net par mois, aux couples avec un enfant jusqu’à 4.070 euros, et aux couples avec deux enfants jusqu’à 6.100 euros. Le revenu fiscal de référence par part ne doit pas dépasser 16.880 euros pour l’année 2024. Ces nouveaux seuils visent à soutenir une population plus large face au poids des dépenses de mobilité.

Critères pour être reconnu comme grand rouleur

Pour être reconnu comme grand rouleur et bénéficier de l’indemnité, plusieurs conditions doivent être remplies. Le demandeur doit être domicilié fiscalement en France et avoir au moins 16 ans au 31 décembre 2024. Il doit aussi avoir des revenus d’activité dans l’une des catégories suivantes : traitements et salaires (hors allocations chômage et préretraites), bénéfices industriels et commerciaux (BIC), bénéfices non commerciaux (BNC) ou bénéfices agricoles (BA).

Sur le plan des trajets, deux situations permettent d’être qualifié de grand rouleur : parcourir au moins 15 kilomètres par trajet entre domicile et lieu de travail, soit 30 kilomètres aller-retour, ou parcourir au moins 8.000 kilomètres par an dans le cadre professionnel, trajets domicile-travail inclus. Ces seuils visent à cibler les actifs pour qui la voiture est indispensable au quotidien, souvent faute d’alternatives de transport en commun.

Véhicules éligibles à l’indemnité carburant

Le dispositif ne concerne pas tous les types de véhicules. Pour être éligible, le véhicule doit être un moteur à deux, trois ou quatre roues, fonctionnant avec une motorisation thermique ou hybride non rechargeable. Les voitures électriques et hybrides rechargeables sont exclus, de même que les deux-roues électriques. Le véhicule doit être assuré lors de la demande et utilisé pour l’activité professionnelle du demandeur.

Cette restriction vise à compenser l’impact de la hausse des prix des carburants fossiles. Les propriétaires de véhicules électriques, bien qu’affectés par les coûts de mobilité, ne subissent pas les fluctuations des prix du pétrole et bénéficient d’autres soutiens, comme le bonus écologique et les aides à l’installation de bornes de recharge.

Procédures simplifiées pour les bénéficiaires connus

Le dispositif se distingue par sa simplicité administrative pour ceux ayant déjà perçu l’aide lors de la première phase. Les bénéficiaires n’ont aucune démarche à effectuer : le versement des 100 euros sera automatique à la mi-octobre, directement sur le compte bancaire enregistré.

Pour les nouveaux demandeurs, tout se fait en ligne. Un simulateur mis à jour sera disponible le 12 octobre 2026 sur le site des impôts pour vérifier l’éligibilité. Les demandes pourront être déposées à partir du 22 octobre via un formulaire dans l’Espace Finances publiques sur impôts.gouv.fr. Selon le site Service Public, l’aide sera versée sous une dizaine de jours après validation.

Il est important de noter que l’aide est accordée une seule fois par véhicule. Si un automobiliste a déjà reçu 50 euros pour un véhicule, il recevra automatiquement 100 euros supplémentaires, mais ne pourra pas faire de nouvelle demande pour ce véhicule. Un ménage avec plusieurs voitures peut théoriquement demander une aide pour chaque véhicule utilisé par un membre éligible du foyer.

Réponse gouvernementale aux tensions sur les prix du carburant

La reconduction et le renforcement du dispositif s’inscrivent dans un contexte de volatilité persistante des prix de l’énergie. Bien que les tensions géopolitiques après la guerre en Ukraine se soient un peu apaisées, les cours du pétrole restent élevés et imprévisibles. Pour les ménages modestes et les travailleurs dépendants de leur véhicule, les variations représentent une charge budgétaire importante, pouvant atteindre plusieurs centaines d’euros par mois.

Le passage de 50 à 100 euros pour le dernier trimestre 2026 montre la volonté du gouvernement de maintenir un soutien significatif tout en limitant l’engagement budgétaire. Avec 5,5 millions de bénéficiaires potentiels, l’enveloppe globale atteint 550 millions d’euros pour ces trois mois, en plus des 150 millions déjà alloués lors de la première phase. Un effort financier conséquent dans un contexte de contraintes budgétaires accrues.

Les associations d’automobilistes saluent généralement cette mesure, tout en soulignant qu’elle reste un pansement temporaire. Plusieurs voix réclament une réforme structurelle de la fiscalité des carburants, notamment une modulation de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) selon les cours mondiaux. Le gouvernement n’a pas opté pour cette voie, privilégiant des aides ciblées plutôt qu’une réduction généralisée de la taxation.

Perspectives et interrogations sur la pérennité du dispositif

Si l’indemnité est prolongée jusqu’à fin 2026, son avenir au-delà reste flou. Aucune annonce n’a été faite pour 2027, laissant les grands rouleurs dans l’incertitude quant à l’évolution des prix à la pompe et l’aide dont ils pourraient bénéficier.

De plus, la restriction aux véhicules thermiques et hybrides non rechargeables soulève des questions sur la cohérence avec les objectifs écologiques. Le gouvernement encourage l’électrification du parc automobile, mais continue de soutenir les motorisations fossiles. Certains y voient une contradiction, d’autres une nécessité pragmatique : les ménages modestes n’ont souvent pas les moyens d’investir dans un véhicule électrique, plus coûteux qu’un modèle thermique d’occasion.

La question de l’équité territoriale se pose aussi. Les grands rouleurs se concentrent dans les zones rurales et périurbaines, où les alternatives à la voiture sont limitées. Le dispositif aide à maintenir l’attractivité de ces zones en compensant partiellement le surcoût de mobilité. Cependant, certains élus regrettent le manque d’investissement dans les transports collectifs et le covoiturage.

Enfin, bien que simplifiée, la gestion administrative du dispositif n’est pas sans critiques. Plusieurs milliers de demandes ont été refusées lors de la première phase, souvent pour des raisons techniques ou des erreurs de saisie. Les services fiscaux travaillent à améliorer le simulateur et le formulaire pour réduire ces rejets, mais l’expérience montre que ce type de dispositif génère un taux de non-recours significatif, privant certains ayants droit du soutien auquel ils ont droit.

En somme, l’extension de l’indemnité carburant illustre la difficulté des pouvoirs publics à concilier soutien au pouvoir d’achat, contraintes budgétaires et objectifs environnementaux. Pour les automobilistes concernés, les 100 euros sont un coup de pouce bienvenu, mais probablement insuffisant pour compenser durablement l’augmentation des coûts de mobilité. La question de la dépendance à la voiture et des moyens d’en sortir progressivement sans pénaliser les plus fragiles reste entière et nécessitera des réponses plus ambitieuses que des aides temporaires, bien qu’elles soient utiles à court terme.

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