Dans le domaine de la sécurité routière, une statistique inquiète : le nombre d’accidents mortels impliquant des voitures sans permis a bondi en un an.
Les accidents impliquent de plus en plus des voitures sans permis
Selon les derniers bilans publiés début décembre 2025, les accidents mortels impliquant des voitures sans permis ont bondi de 48 % en un an. Ces véhicules, longtemps cantonnés aux zones rurales et aux conducteurs âgés, gagnent désormais les grandes villes, notamment chez les jeunes de 14 à 18 ans. Mais leur popularité croissante s’accompagne d’un revers dramatique : leur vulnérabilité en cas de choc reste bien supérieure à celle des voitures classiques.
Les chiffres sont sans appel. En 2024, la France a enregistré un mort tous les 13 accidents impliquant une voiture sans permis. Ce ratio illustre la gravité des collisions dans lesquelles ces véhicules sont engagés. Si leur vitesse maximale est limitée à 45 km/h, leur structure légère, dépourvue d’airbags et d’équipements de sécurité avancés, les rend particulièrement fragiles. Selon la Sécurité routière, les conducteurs de voitures sans permis représentent une part encore marginale du trafic, mais leur implication dans les accidents mortels progresse nettement plus vite que celle des véhicules classiques.
Cette évolution s’explique aussi par l’essor spectaculaire du marché. Près de 40 000 voitures sans permis ont été vendues en 2024, un record porté par les marques Ligier et Aixam. Ces véhicules, d’abord conçus pour des adultes privés de permis, séduisent désormais les adolescents autorisés à conduire dès 14 ans avec le brevet AM. Or, leur manque d’expérience et la faible protection de ces véhicules augmentent les risques d’accident grave, notamment en zone périurbaine.
Un renforcement de la législation ?
D’après les chiffres de la Sécurité routière, 37 personnes ont perdu la vie en 2024 à bord d’une voiture sans permis. Ces chiffres, déjà préoccupants, sont en nette augmentation. Face à cette montée en puissance, les autorités s’interrogent sur la nécessité d’un encadrement plus strict. Pour l’heure, conduire une voiture sans permis ne requiert qu’une formation de sept heures et un brevet AM, bien en deçà du permis B classique. Or, selon des experts, cette formation minimale ne prépare pas toujours à la gestion des situations d’urgence sur la route.
Les associations de prévention, comme Prévention Routière, appellent désormais à renforcer la sensibilisation des jeunes conducteurs, souvent tentés par ces véhicules pour leur liberté apparente. La Sécurité routière envisage d’ailleurs de lancer en 2026 une campagne nationale de sensibilisation, axée sur les comportements à risque et la visibilité des voiturettes, souvent sous-estimées par les autres usagers.






