Posés en travers de la chaussée, ces câbles noirs que l’on croise régulièrement sur les routes de France intriguent nombre d’automobilistes. Il ne s’agit ni de câbles électriques ni d’éléments oubliés par une entreprise de travaux : ce sont des tubes pneumatiques remplis d’air, selon les explications rapportées par actu.fr.
Le principe est simple. Lorsqu’un véhicule, voiture, moto ou camion, roule sur le tube, l’air circulant à l’intérieur est comprimé puis expulsé des deux côtés. À l’une des extrémités, un petit boîtier mécanique détecte cette variation de pression et envoie un signal à un logiciel de comptage.
Quand deux tubes sont installés à quelques mètres l’un de l’autre, le dispositif ne se contente plus de compter les véhicules : il mesure aussi le temps écoulé entre le passage sur le premier tube et celui sur le second, ce qui permet de calculer la vitesse. L’espacement des essieux permet même d’identifier le type de véhicule.
Ces installations sont généralement temporaires. Les gestionnaires routiers les posent pour quelques heures ou quelques jours, précédées d’une signalisation provisoire, avant de les retirer une fois les données recueillies.
Des données pour l’aménagement, jamais pour sanctionner
Les informations collectées servent aux gestionnaires des réseaux routiers pour améliorer les aménagements ou étudier durablement les conditions de circulation sur un axe. Elles permettent de faire le bilan de l’efficacité d’un passage piéton ou d’une zone scolaire, de vérifier des plaintes de riverains sur la sur-fréquentation d’une route, ou encore de contrôler une vitesse moyenne jugée inadaptée.
Les autorités s’en servent ensuite pour ajuster une limite de vitesse, installer un feu ou un panneau, ou planifier de futurs travaux.
Le Cerema insiste sur un point : ce système n’est pas destiné à sanctionner les conducteurs, même s’il peut mesurer leur vitesse et leur nombre. Sans photo de la plaque d’immatriculation, aucune verbalisation n’est possible. Ce n’est donc ni un piège ni un radar déguisé.
Ces données intéressent aussi les urbanistes et les promoteurs immobiliers. Connaître les flux de circulation avant de redessiner un carrefour, de créer une nouvelle route ou de construire un lotissement permet d’optimiser un plan de circulation, de mieux positionner les accès d’une future zone d’activité ou d’un équipement sportif, de prévoir suffisamment de places de stationnement pour un nouveau quartier, ou d’adapter la voirie à la vitesse limite d’une zone donnée.
L’apparition soudaine de ces câbles, qui traversent souvent toute la largeur de la chaussée, peut prêter à confusion. Certains y voient le signe de travaux routiers ou l’installation de nouveaux câbles électriques, d’autres imaginent le déploiement de la fibre optique. Toutes ces hypothèses sont erronées : le câble est relié à un petit boîtier placé sur le bas-côté, rien de plus.
Le dispositif reste relativement économique et simple à déployer, ce qui explique son adoption régulière par les autorités publiques. Il est également utilisé par certaines sociétés privées, partout dans le monde. Son principal défaut tient à sa durabilité : le passage répété de voitures, motos et camions l’use rapidement, et des températures extrêmes ou de fortes pluies peuvent l’endommager et imposer son remplacement.
Malgré ces contraintes, les tubes pneumatiques restent une méthode prisée pour les études de trafic à court terme, grâce à une installation rapide et des données fiables en temps réel.



