Long de 5,4 kilomètres, l’ouvrage s’interrompt pourtant avant d’atteindre la liaison routière initialement prévue, le chantier de son prolongement restant bloqué par un obstacle très concret : l’absence de roches disponibles en quantité suffisante.
Un géant de 5,4 kilomètres face à l’océan
Construit au large de la côte nord-ouest de l’île, le viaduc constitue la partie la plus spectaculaire de la nouvelle route du littoral. Cet axe doit remplacer l’ancienne route côtière reliant Saint-Denis à La Possession, régulièrement exposée aux chutes de pierres, aux éboulements et aux fortes houles.
L’ouvrage, présenté comme le plus long viaduc de France, repose sur une succession de piles implantées en mer. Sa conception vise à éloigner la circulation des falaises instables tout en maintenant une liaison routière rapide entre le nord de l’île et l’ouest réunionnais.
Depuis son ouverture, les automobilistes peuvent emprunter cette portion surélevée. La route ne correspond pourtant pas encore au projet complet imaginé au lancement du chantier, rapporte le Sciencepost.
Une route neuve qui débouche sur une section inachevée
Le viaduc devait être prolongé par une infrastructure construite en remblai sur la mer. Cette digue devait permettre de rejoindre La Possession et d’achever les 12,4 kilomètres de la nouvelle liaison.
Cette partie du projet nécessitait plusieurs millions de tonnes de matériaux, principalement de grandes roches capables de résister aux vagues et aux conditions marines. L’approvisionnement attendu n’a jamais pu être sécurisé selon le calendrier prévu.
Le résultat est visible : après avoir parcouru plusieurs kilomètres sur un ouvrage récent, la circulation doit rejoindre un tracé provisoire ou une portion adaptée dans l’attente d’une solution définitive. Le viaduc fonctionne, mais l’ensemble routier reste incomplet.
Des carrières contestées et un approvisionnement impossible
La construction de la digue dépendait de l’ouverture ou de l’exploitation de carrières réunionnaises capables de fournir les blocs nécessaires. Plusieurs projets ont rencontré des oppositions locales, des recours juridiques et des difficultés environnementales.
Les débats ont porté sur les conséquences possibles de l’extraction : nuisances pour les riverains, transformation des paysages, circulation de poids lourds et effets sur les milieux naturels. Sans carrière en mesure de livrer les volumes prévus, les entreprises ne pouvaient pas poursuivre la digue dans les conditions définies au départ.
Importer les matériaux représenterait une opération complexe et coûteuse. Les roches destinées à protéger une infrastructure maritime doivent répondre à des critères précis de taille, de résistance et de durabilité. Leur transport sur de longues distances pèserait fortement sur le budget et la logistique du chantier.
