Lancé en 2018, ce tunnel de 27 kilomètres reliera les districts de Randaberg et Bokn, dans la région du Rogaland, en longeant la côte ouest norvégienne, confirme L’Internaute. Il s’inscrit dans un plan plus vaste visant à moderniser l’axe autoroutier E39, longue de 1 100 kilomètres, et à éliminer toutes les traversées par ferry d’ici 2050.
Aujourd’hui, un trajet comme Trondheim–Kristiansand nécessite 21 heures de conduite et sept passages en ferry. Grâce à Rogfast, ce même parcours pourra être réalisé en 10 heures sans interruption, pour un tarif estimé à 38 euros par véhicule.
Un double tunnel sous 400 mètres d’eau
Le tunnel Rogfast repose sur une configuration à deux tubes séparés, chacun doté de deux voies routières, sans issue intermédiaire sur toute la traversée. Il sera non seulement le plus long tunnel routier sous-marin, mais aussi le plus profond jamais construit, dépassant largement les records du Seikan Tunnel (Japon, 240 m) et du tunnel sous la Manche.
À mi-parcours, un rond-point unique au monde, situé à 260 mètres de profondeur, permettra de rejoindre l’île de Kvitsøy, la plus petite municipalité de Norvège. Une autre première mondiale dans un contexte sous-marin.
Défis technologiques en milieu extrême
Le chantier n’a rien de conventionnel. Interrompu temporairement en 2019 pour dépassement de budget, il a repris en 2021, avec un budget total réévalué à 2,2 milliards d’euros.
Pour garantir la précision des travaux – une marge d’erreur tolérée de 5 centimètres à la jonction des deux extrémités, des scanners laser à miroir rotatif génèrent un double numérique en temps réel. Ce modèle permet de comparer chaque avancée aux plans originaux.
Les défis ne s’arrêtent pas là. À 300 mètres sous la mer, les équipes doivent faire face à des infiltrations d’eau salée et mettre en œuvre des injections de coulis haute pression pour sceller la roche. Des systèmes de ventilation longitudinale et de surveillance continue du trafic seront également installés.
Un projet stratégique à long terme
Au-delà de la performance technique, Rogfast répond à des objectifs économiques et logistiques majeurs. En facilitant la circulation des marchandises et des voyageurs sur l’axe côtier, le tunnel ambitionne de stimuler le tourisme, réduire les temps de trajet, et renforcer l’attractivité régionale.
Mais ce progrès s’accompagne d’un coût social. La disparition progressive des ferries affectera certains emplois liés à cette activité, un effet secondaire que les autorités devront gérer dans les prochaines années.
Une mise en service attendue pour 2033
Si le calendrier est respecté, la mise en service du Rogfast est prévue pour 2033. À cette date, la Norvège ajoutera une nouvelle ligne à son palmarès d’infrastructures spectaculaires, aux côtés du tunnel de Laerdal (24 km) ou du pont de Hardanger.






