Ligier lance la JS60, voiture sans permis avec 580 litres de coffre

Le constructeur français Ligier dévoile la JS60, nouveau haut de gamme de sa gamme sans permis. Accessible dès 14 ans, elle se distingue par un coffre de 580 litres et deux motorisations, diesel ou électrique, à partir de 16 499 euros.

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Ligier lance la JS60, voiture sans permis avec 580 litres de coffre © L'Automobiliste

Ligier vient d’annoncer le lancement de la JS60, un modèle qui ambitionne de redéfinir les standards du marché des voitures sans permis. Le constructeur français mise sur l’espace, le confort et la polyvalence pour séduire une clientèle en quête de praticité. Mais derrière les arguments marketing, que révèle vraiment ce nouveau modèle sur l’état du marché des quadricycles légers ?

Un coffre de 580 litres : la réponse à un vrai besoin

Le principal argument de vente de la JS60 tient en un chiffre : 580 litres de volume de coffre. Pour un véhicule de moins de trois mètres de long (2,998 m exactement), la performance mérite d’être soulignée. Ligier annonce un gain de 110 litres par rapport à la JS50, modèle précédent de la gamme. Le seuil de coffre est abaissé de 15 cm, l’entrée élargie. Autrement dit, le constructeur a travaillé l’ergonomie pour faciliter le chargement des courses, des bagages ou du matériel de loisirs.

Pourquoi insister autant sur le coffre ? Parce que les voitures sans permis souffrent historiquement d’un déficit de praticité. Conçues pour répondre aux contraintes réglementaires de la catégorie L6e (poids limité, puissance bridée, vitesse maximale de 45 km/h), elles sacrifient souvent l’espace utile au profit de la compacité. La JS60 tente de sortir de ce compromis en jouant sur la hauteur (1,529 m, soit 5 cm de plus que la JS50) et sur un arrière verticalisé inspiré des SUV. Le résultat : un volume habitable plus généreux sans dépasser les dimensions réglementaires.

Diesel ou électrique : deux motorisations, deux logiques d’usage

Ligier propose la JS60 avec deux motorisations. En diesel, le moteur REVO D+ affiche un couple de 27 Nm, présenté comme le plus généreux du marché. La consommation annoncée est de 3,0 litres aux 100 km en cycle WMTC, soit une autonomie théorique de plus de 550 km avec un réservoir de 17 litres. Des chiffres qui placent le diesel en position de choix pour les trajets longs ou les usages intensifs.

En électrique, la JS60 embarque une batterie de 11,04 kWh, qualifiée de « Haute Performance » par le constructeur. L’autonomie annoncée atteint 164 km en cycle WMTC, ce qui constitue effectivement un record dans la catégorie. Ligier met en avant une architecture à cellules prismatiques, un système de gestion thermique actif et une technologie baptisée COLD DRIVE, censée préconditionner la batterie par temps froid. Le tout a été testé en Norvège jusqu’à -20 °C, précise le communiqué. La recharge de 20 à 80 % prend 3 h 30 sur une Wallbox ou une borne publique. La batterie est garantie cinq ans.

Reste que le choix entre diesel et électrique se joue aussi sur le prix : 16 499 euros en diesel, 16 999 euros en électrique. Une différence de 500 euros seulement, ce qui tend à montrer que Ligier cherche à rendre l’électrique compétitif dès le départ. Mais reprenons : à ce tarif, l’électrique reste-t-il rentable sur la durée de vie du véhicule ? Tout dépend du kilométrage annuel et du coût de l’électricité. Pour un usage urbain ou périurbain limité, l’électrique peut se justifier. Pour des trajets quotidiens longs, le diesel conserve un avantage économique net.

Un positionnement premium qui interroge

Ligier ne se contente pas de vendre un véhicule pratique. Le constructeur affirme une ambition premium, notamment avec la finition Ultimate : jantes aluminium 16 pouces noires mates, spoilers, sellerie spécifique, signature lumineuse avec clignotants à défilement. La JS60 reçoit également, selon les versions, une tablette tactile 10 pouces, Apple CarPlay et Android Auto sans fil, un système Hi-Fi jusqu’à six haut-parleurs, une caméra de recul, la climatisation et la direction assistée (une exclusivité Ligier sur le marché, précise le communiqué).

Le problème, c’est que ce positionnement premium entre en tension avec la nature même du produit. Une voiture sans permis reste un véhicule de compromis, bridé à 45 km/h, accessible dès 14 ans, souvent acheté par défaut faute de permis B. Peut-on vraiment parler de « sportif premium » pour un quadricycle léger ? Ligier tente le pari, en misant sur une clientèle plus aisée, prête à payer pour du confort et des équipements dignes d’une citadine classique. Mais à 16 499 euros en entrée de gamme, la JS60 se rapproche dangereusement du prix d’une Dacia Spring ou d’une Citroën Ami, véhicules électriques accessibles avec le permis B.

Une version L7e pour élargir les usages

Ligier propose également une version L7e de la JS60, accessible dès 16 ans (titulaires du permis B1). La vitesse maximale passe alors à 75 km/h, ce qui élargit les possibilités d’usage, notamment pour les déplacements périurbains. La batterie reste la même (11,04 kWh), tout comme l’autonomie (164 km en cycle WMTC). Autrement dit, Ligier joue sur la réglementation pour offrir une alternative aux jeunes conducteurs qui ne peuvent pas encore passer le permis B, ou aux adultes qui l’ont perdu.

Le marché des quadricycles lourds (L7e) reste confidentiel en France, mais il présente un potentiel de croissance, notamment dans les zones rurales ou périurbaines mal desservies par les transports en commun. Ligier tente de capter cette demande en proposant un véhicule plus rapide, mais toujours exempt de permis B.

Fabrication française : un argument qui pèse

Ligier insiste sur l’ancrage industriel français. La JS60 est fabriquée à Abrest, dans l’Allier, sur le site historique du constructeur. Ligier Group produit 100 % de ses véhicules en France, avec une production annuelle de plus de 14 000 unités et un chiffre d’affaires de 192 millions d’euros en 2024. Dans un contexte de désindustrialisation et de concurrence asiatique, cet argument a du poids. Mais il a aussi un coût : fabriquer en France implique des charges salariales et des normes environnementales plus élevées qu’en Chine ou en Inde. Ligier parvient à rester compétitif en misant sur la qualité perçue et sur un réseau de distribution dense en Europe.

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