En octobre, Stellantis suspendra temporairement l’activité dans trois de ses usines françaises pour des raisons variées : la pénurie de batteries électriques performantes affecte les sites de Rennes et Sochaux, tandis que l’absence de demande pour les modèles thermiques impacte l’usine de Mulhouse. Cette situation illustre les défis de la transition automobile en France.
Le 29 septembre, Stellantis a informé les syndicats de l’arrêt temporaire de ses usines de Mulhouse, Rennes et Sochaux, prévu entre le 15 et le 30 octobre 2026. Bien que la décision soit commune, elle résulte de deux problématiques distinctes : une forte demande pour les véhicules électriques, mais une pénurie de batteries, et une baisse des ventes des modèles thermiques traditionnels sur un marché qui évolue.
Des problématiques variées pour chaque usine
Rennes et Sochaux : pénurie de batteries « long range »
L’usine de Rennes sera en chômage partiel pendant sept jours du 22 au 30 octobre, et celle de Sochaux arrêtera sa production du 23 au 30 octobre. Le problème majeur est le manque de batteries « long range » produites par ACC, une coentreprise de Stellantis, Mercedes et TotalEnergies. Ces deux sites assemblent des modèles tels que les Peugeot 3008 et 5008 électriques, très prisés pour leur autonomie accrue, mais la production est freinée par un approvisionnement insuffisant.
En 2025, ACC a réalisé seulement 50 % de ses objectifs de production. Yann Vincent, ancien directeur général d’ACC, avait reconnu les difficultés à atteindre les cibles fixées. Depuis, Allan Swan a pris la direction, mais malgré des renforts d’experts chinois d’EVE, la montée en cadence reste difficile. Pour les clients en attente de leur Peugeot 3008 électrique, l’arrêt d’octobre allongera encore des délais déjà tendus, avec une demande concentrée sur les modèles à grande autonomie qui représentent 70 % des commandes.
Mulhouse : déclin des ventes de la Peugeot 308
À Mulhouse, l’usine sera arrêtée du 15 au 30 octobre en raison de la chute des ventes des Peugeot 308 et 408. Jean-Paul Guy, délégué syndical, explique que la nouvelle 308 ne trouve pas preneur, les clients hésitant entre des modèles thermiques voués à disparaître et des versions électriques à venir. À partir de novembre 2026, la production sera réduite, signe d’une baisse structurelle malgré un investissement de 400 millions d’euros prévu par Stellantis. Les ventes de compactes thermiques s’effondrent en Europe, confrontées à des normes environnementales plus strictes et à la hausse des prix du carburant.
Freinage de la transition électrique
ACC en retard : une chaîne d’approvisionnement fragile
Le retard d’ACC met en lumière la fragilité de l’approvisionnement en batteries en Europe. Tandis que les constructeurs asiatiques dominent le marché avec des cellules performantes, l’Europe peine à développer sa propre industrie. Un salarié d’ACC note que la production de septembre 2026 approche celle de l’année précédente, mais cela reste insuffisant pour éviter l’arrêt d’octobre. La dépendance de Stellantis à ACC est un frein stratégique, compliquant la diversification des fournisseurs sans compromettre des investissements majeurs.
Pour les automobilistes, ces problèmes entraînent des délais plus longs et des prix élevés. En 2025, six autres usines européennes de Stellantis ont déjà été en chômage partiel, soulignant un problème qui dépasse la France.
Les défis des Peugeot 3008 et 5008
Les Peugeot 3008 et 5008 électriques, bien que très demandées et reconnues par la presse spécialisée, souffrent de retards de production dus à la pénurie de composants critiques. Les carnets de commandes sont pleins, mais les usines sont ralenties, entraînant du chômage partiel pour les employés et des pertes de parts de marché pour Stellantis. Les automobilistes, frustrés par ces délais, voient leurs concurrents asiatiques livrer plus rapidement.
En avril 2026, l’usine de Rennes avait déjà suspendu sa production à cause de problèmes d’approvisionnement en boîtes de vitesse hybrides. Ces interruptions répétées révèlent une chaîne logistique constamment sous pression.
Options pour les automobilistes français
Délais prolongés et prix élevés
Les blocages fréquents laissent les automobilistes français face à un choix difficile. Commander une Peugeot 3008 électrique « long range » signifie accepter un délai de six à huit mois, avec le risque de nouveaux reports si ACC ne respecte pas ses engagements. Bien que les alternatives asiatiques comme BYD soient plus rapides, elles nécessitent de renoncer aux avantages du réseau après-vente français et aux aides pour les véhicules assemblés en Europe.
Les prix, quant à eux, ne baissent pas. Stellantis compte sur la fidélité à la marque et l’attachement aux modèles français pour maintenir ses tarifs malgré les volumes réduits. La direction et les syndicats s’inquiètent : combien de temps les clients attendront-ils avant de se tourner vers des concurrents plus réactifs ? Octobre 2026 s’annonce déterminant pour Stellantis, alors que l’entreprise espère une amélioration de la production chez ACC pour éviter des arrêts répétitifs qui affaibliraient sa compétitivité face à des rivaux mieux approvisionnés. Pour les automobilistes, la question reste : la patience a-t-elle encore un prix ?