Le Parlement européen a voté, le 21 octobre 2025, une directive qui met fin au principe du permis de conduire à vie. Désormais, tout conducteur devra renouveler son titre tous les 15 ans, quel que soit son âge, confirme le magazine Pleine Vie.
Chaque État membre dispose d’un délai de 3 ans pour transposer cette mesure dans sa législation, avec une année supplémentaire pour en fixer les modalités pratiques. En France, où le permis B reste garanti à vie sans restriction liée à l’âge, l’obligation de renouvellement devrait donc s’appliquer à partir de 2028-2029, sous une forme que l’État français doit encore préciser : contrôle, visite médicale ou remise à niveau.
Sur le plan matériel, le permis rose cartonné reste parfaitement légal pour l’instant. Sa fin est fixée au 19 janvier 2033. Une fois la bascule effectuée, le format carte bancaire deviendra la norme, avec un renouvellement administratif tous les 15 ans. Une version dématérialisée sur smartphone sera également proposée, mais de façon facultative : la carte plastique reste garantie pour qui ne souhaite pas s’en servir.
Un régime allégé possible pour les plus de 65 ans
Les textes européens laissent aux États la possibilité de réduire la durée de validité du permis au-delà de 65 ans, avec des renouvellements pouvant intervenir tous les 5 ou 10 ans. Cette démarche n’implique en aucun cas de repasser l’examen pratique : il s’agit d’une simple mise à jour de dossier, accompagnée d’un bilan de santé préventif centré sur l’aptitude à conduire. Ce bilan comprendra principalement, selon Gabby, « un test de l’acuité visuelle ainsi qu’un contrôle cardiovasculaire de base ».
Les pratiques varient déjà fortement d’un pays à l’autre. L’Italie impose une visite médicale dès 50 ans, l’Espagne à partir de 65 ans, la Finlande et la Belgique à 70 ans, les Pays-Bas seulement à 75 ans. En 2022, 21,1 % de la population européenne avait plus de 65 ans, selon Eurostat, un chiffre qui a nourri les débats sur la place des seniors au volant.
La France écarte la visite médicale obligatoire
À l’Assemblée nationale, une proposition de loi transpartisane avait été déposée le 18 mars 2025 pour imposer, dès 70 ans, un bilan médical tous les cinq ans incluant un test des réflexes et de la maîtrise du véhicule. Le texte, enregistré sous le numéro 1147, n’a pas été adopté.
La France a finalement tranché pour une autre voie : pas de visite médicale systématique chez un praticien agréé pour les conducteurs expérimentés, mais un principe de responsabilité individuelle. Le dispositif prévu pour 2026 repose sur un protocole d’auto-évaluation lors du renouvellement administratif : l’usager senior déclare lui-même son aptitude à conduire sur l’honneur. Des sanctions juridiques et financières sont toutefois prévues en cas de sinistre si cette déclaration s’avère non conforme à la réalité.
Cette procédure reste distincte du contrôle médical existant, déjà mobilisé quand un proche signale une inaptitude à sa préfecture. Ce contrôle, réalisé par un médecin agréé et évaluant vision, audition et coordination, coûte 36 euros et n’est pas remboursé par la Sécurité sociale.




