Une centaine de voitures retrouvées pneus crevés à Grenoble : « J’espère que c’est couvert par mon assurance », les habitants sous le choc

Une centaine de pneus crevés en une seule nuit à Grenoble : ce « creveur en série » refait parler de lui après 2014 et 2018. Un rituel qui coûte cher aux victimes, et qui pourrait vite revenir frapper votre rue.

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Une centaine de voitures retrouvées pneus crevés à Grenoble : « J'espère que c'est couvert par mon assurance », les habitants sous le choc
Une centaine de voitures retrouvées pneus crevés à Grenoble : « J’espère que c’est couvert par mon assurance », les habitants sous le choc © L'Automobiliste

Une centaine de voitures garées à Grenoble ont retrouvé leurs pneus crevés dans la nuit du samedi 10 au dimanche 11 octobre 2026, ou aux premières heures de la matinée. Selon Le Dauphiné Libéré, les pneus ont été volontairement perforés à l’aide d’un objet pointu et tranchant. Les véhicules touchés étaient stationnés rue Marx-Dormoy et dans les rues adjacentes, entre le quartier Saint-Bruno et la rue Ampère.

Selon Les Dernières Nouvelles d’Alsace, l’auteur n’a crevé que les pneus situés côté trottoir, à l’avant, à l’arrière, parfois les deux, un choix qui lui aurait permis d’agir sans se faire remarquer. Aucun suspect n’a été interpellé à l’heure de la publication de ces lignes. Les services de police ont néanmoins été alertés et ont patrouillé dans le secteur pour tenter de retrouver l’auteur des dégradations.

Parmi les victimes, un jeune homme a découvert ses pneus hors d’usage au réveil. Le coût de réparation annoncé dépasserait 200 euros, et la sortie en montagne qu’il avait prévue avec des amis a dû être annulée. « On m’a dit que j’en aurais pour plus de 200 euros de réparation… J’espère que c’est couvert par mon assurance. Et puis évidemment, ça nous tombe dessus un dimanche… », confie-t-il, cité par Le Dauphiné Libéré.

Rue Mozart, un autre habitant a retrouvé son pneu avant gauche crevé. La veille déjà, une vitre de sa voiture avait été brisée dans la même rue.

Un phénomène déjà recensé à Grenoble

Le quotidien régional Le Bien Public a titré sur le retour d’un « creveur de pneus en série » dans la ville, évoquant des dizaines de véhicules vandalisés. Des faits similaires avaient déjà touché Grenoble en 2014 et 2018, puis dans une moindre mesure en 2020. Aucun épisode de ce type n’avait été signalé depuis.

Au printemps 2026, la radio publique locale ICI avait déjà rapporté qu’une centaine de voitures avaient été dégradées en une semaine dans la ville. Soixante véhicules avaient été touchés dans la nuit du 31 mars au 1er avril dans le parking Denfert-Rochereau, et 54 autres dans le quartier Berriat. La police avait lancé un appel à témoins après qu’une silhouette avait été repérée sur les caméras de vidéosurveillance du parking.

Ce que risque l’auteur des crevaisons

L’article 322-1 du code pénal punit la destruction ou la dégradation du bien d’autrui de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende, sauf si le dommage reste léger. Un pneu crevé appartient au propriétaire du véhicule, et l’infraction suppose un geste volontaire, à établir par l’enquête grâce à la vidéosurveillance, aux témoignages ou aux outils retrouvés.

Si le dommage est jugé léger, c’est l’article R. 635-1 qui s’applique, avec une amende de 5e classe devant le tribunal de police. Mais le cumul d’une centaine de pneus crevés, avec véhicules immobilisés, remorquages et remplacements à plusieurs centaines d’euros chacun, oriente plutôt vers le délit de l’article 322-1.

Si plusieurs personnes ont agi ensemble, la peine grimpe à cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende au titre de l’article 322-3. En cas de récidive légale, l’article 132-10 double les peines encourues. Comme pour toute personne mise en cause dans une enquête, la présomption d’innocence s’applique tant qu’aucune condamnation n’a été prononcée.

Pour les victimes, la marche à suivre est connue : photographier chaque pneu crevé, le véhicule avec sa plaque lisible et le lieu de stationnement, avant toute réparation. Les factures de remorquage et de remplacement doivent être conservées, de même que les coordonnées d’éventuels témoins.

L’article 15-3 du code de procédure pénale oblige les policiers à recevoir une plainte même déposée dans un commissariat territorialement incompétent, et une pré-plainte en ligne reste possible avant la signature du procès-verbal. Le récépissé de dépôt de plainte est la pièce que les assureurs réclament en premier.

Une assurance au tiers ne couvre pas les dommages subis par son propre véhicule : les pneus crevés restent à la charge du propriétaire, sauf recours si l’auteur est identifié et solvable. Une formule intermédiaire ou tous risques avec garantie vandalisme prend en charge le remplacement, déduction faite de la franchise et d’un éventuel coefficient de vétusté sur des pneus déjà usés.

Le sinistre doit être déclaré dans le délai prévu par le contrat, généralement cinq jours ouvrés, sans faire réparer le véhicule avant l’accord de l’assureur ou le passage d’un expert.

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