Le paysage automobile français change à grande vitesse. En septembre 2026, le diesel ne représente plus qu’une fraction des immatriculations de voitures neuves. Dans le même temps, l’électrique atteint un niveau record et rivalise désormais avec l’ensemble des motorisations hybrides. Cette évolution bouleverse les positions des constructeurs et la hiérarchie des modèles les plus vendus.
L’électrique s’installe au cœur du marché automobile français
Le marché français des voitures neuves a connu un mois de septembre particulièrement dynamique. D’après les données de la Plateforme automobile et du CCFA, 156.629 voitures particulières neuves ont été immatriculées sur le mois. Le marché progresse ainsi de 11,6 % par rapport à septembre 2025. Mais derrière cette hausse globale, les écarts entre motorisations sont devenus considérables.
L’électrique est désormais l’un des principaux moteurs des ventes. Selon AAA Data, 65.243 voitures électriques neuves ont été immatriculées en septembre. Cela représente une hausse de 108% en un an. Leur part dans les immatriculations atteint environ 42%, un niveau encore jamais observé sur le marché français. Depuis janvier, l’électrique représente également près d’un tiers des voitures neuves vendues dans le pays.
Cette montée en puissance modifie directement la hiérarchie des motorisations. Les véhicules hybrides restent légèrement devant, avec environ 43% du marché en septembre. Mais l’écart entre les deux technologies est désormais extrêmement réduit. Ensemble, électrique et hybride concentrent l’immense majorité des nouvelles immatriculations.
Le classement des modèles illustre également cette transformation. Le Tesla Model Y conserve une place majeure sur le marché électrique français. Il figure parmi les voitures les plus immatriculées du pays toutes motorisations confondues depuis le début de l’année. En septembre, il reste en tête des ventes électriques avec plus de 8.000 exemplaires.
Les constructeurs français progressent également fortement sur ce segment. La Renault 5 électrique dépasse les 5.000 immatriculations sur le mois. Elle est suivie par plusieurs modèles nationaux, notamment la Renault Twingo électrique, la Peugeot 208 électrique et le Renault Scenic.
Le marché électrique devient donc beaucoup plus diversifié. Il ne repose plus uniquement sur quelques modèles haut de gamme ou sur une poignée de constructeurs spécialisés. Les citadines, les SUV familiaux et les véhicules compacts représentent désormais une part croissante de l’offre.
Cette évolution est également renforcée par l’arrivée progressive de nouvelles marques. Les constructeurs chinois continuent notamment de gagner du terrain sur le marché français. BYD, XPeng et plusieurs autres groupes développent leurs réseaux de distribution et élargissent leurs gammes. En septembre, les marques chinoises représentent environ 8% des ventes automobiles françaises toutes motorisations confondues.
Le diesel disparaît progressivement des immatriculations neuves
À l’opposé, le diesel poursuit son recul spectaculaire. En septembre 2026, seulement 2.412 voitures diesel neuves ont été immatriculées en France selon AAA Data. Sur un an, la baisse atteint 62%.
La part de marché du diesel tombe ainsi autour de 2%. Cette motorisation, qui dominait encore largement le marché français il y a une quinzaine d’années, devient désormais marginale dans les catalogues et dans les choix des automobilistes achetant un véhicule neuf.
Les voitures essence sont également touchées par ce changement. Leurs immatriculations ont diminué de 39 % sur un an en septembre. Avec un peu plus de 16.000 véhicules immatriculés, leur part de marché tourne désormais autour de 10%.
La mutation de l’offre proposée par les constructeurs explique en partie cette évolution. De nombreux groupes automobiles ont réduit fortement leurs gammes diesel ces dernières années. Certains modèles populaires ne sont désormais plus proposés avec cette motorisation. Les investissements industriels sont progressivement réorientés vers les véhicules hybrides et électriques.
Pour les constructeurs, cette transformation entraîne également des changements importants dans la conception des nouvelles plateformes automobiles. Les modèles récents sont de plus en plus développés autour de chaînes de traction électrifiées. Les plateformes exclusivement thermiques deviennent moins nombreuses tandis que les architectures destinées aux voitures électriques occupent une place croissante dans les plans produits.
Le diesel reste néanmoins très présent dans le parc automobile français. Le marché de l’occasion conserve encore une proportion importante de véhicules utilisant ce carburant. En septembre, environ 40 % des transactions de voitures d’occasion concernaient encore des modèles diesel.
Même sur ce marché, la tendance commence toutefois à évoluer. Les ventes de voitures diesel d’occasion ont reculé de 13% sur un an. À l’inverse, les transactions portant sur des véhicules électriques d’occasion ont progressé de 32%, dépassant 22.000 unités sur le mois.
Le marché automobile français semble ainsi entrer dans une nouvelle phase. La question n’est plus seulement de savoir si l’électrique va progresser, mais jusqu’où cette motorisation peut aller dans les prochaines années.
Avec près de 42% des immatriculations neuves en septembre, l’électrique se rapproche désormais du statut de motorisation dominante. L’hybride conserve une place majeure, tandis que l’essence recule et que le diesel devient progressivement une technologie de niche sur le marché du neuf.
La structure des ventes de septembre 2026 marque donc un tournant pour l’industrie automobile française. Les choix des automobilistes, les stratégies des constructeurs et les gammes commercialisées convergent désormais vers un marché largement électrifié. Pour le diesel, la chute de 62% enregistrée en septembre constitue une nouvelle étape dans un déclin qui paraît désormais profondément installé.


