Le secteur automobile ivoirien en pleine accélération

Business
Lors d’une cérémonie ayant eu lieu le 5 juillet en présence — entre autres — de l’ambassadeur de l’Allemagne et du premier secrétaire de l’ambassade de Belgique en Côte d’Ivoire, le constructeur automobile allemand MAN a officialisé un accord de partenariat avec la compagnie belge BIA Côte d’Ivoire en vue de la distribution de ses poids lourds et autobus dans toute la sous-région ouest-africaine. Une situation qui n’est pas inédite : le contexte économique très favorable dont bénéficie le pays d’Alassane Ouattara attire de nombreuses entreprises étrangères. d

Un parc automobile en renouvellement

En avril dernier, c’est le constructeur espagnol Seat qui débarquait en Côte d’Ivoire avec une gamme de quatre modèles de véhicules dont les prix s’adapteront à la demande de la clientèle et distribués par le concessionnaire Afcar.   Ibrahim Debache, PDG du Tunisien Ennakl automobiles dont dépend Afcar, a remercié les autorités ivoiriennes et a justifié le choix de la Côte d’Ivoire comme hub pour le développement en Afrique de leurs activités : « La Côte d’Ivoire est un pays stratégique, grâce à une stabilité politique, une position stratégique au sein de l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine), un réseau logistique efficient et surtout des perspectives de croissance importante. Le marché de l’automobile en Côte d’Ivoire a connu, après plusieurs années difficiles, une nouvelle embellie. Le marché est en train d’évoluer vers des véhicules neufs ».   Le marché automobile ivoirien est en effet dopé par la politique de renouvellement du parc automobile menée depuis quelques années par le gouvernement d’Abidjan. Celle-ci vise à contenir la pollution et à réduire les embouteillages : les nouvelles normes, introduites ce mois-ci, interdisent par exemple l’importation de véhicules d’occasion vieux de plus de cinq ans. Une législation qui a grandement participé à l'explosion du marché de l'automobile dans le pays. d

Une attractivité due à la bonne santé de l’économie ivoirienne

Plus généralement, c’est le contexte économique très favorable de ce pays de 25 millions d’habitants qui attire les regards des principaux investisseurs internationaux. Selon le rapport de la Banque mondiale rendu public le 12 juillet dernier, l’économie ivoirienne a continué de croître au rythme rapide de 7,8 % en 2017 — une performance légèrement supérieure à ce qui avait été anticipé dans le précédent rapport. Avec des taux de croissance comparables depuis 2012, la Côte d’Ivoire s’inscrit dans le top 5 des pays à forte croissance dans le monde et, toujours selon la Banque mondiale, les perspectives économiques ivoiriennes pour les deux à trois prochaines années « restent bonnes ». Une bonne santé économique et financière symbolisée, en mars dernier, par la réalisation par la Côte d’Ivoire de la plus importante opération financière menée par un État africain depuis le début du siècle avec l’émission de 1,7 milliard d’euros d’Eurobonds.   Les grands projets d’infrastructure et les réformes structurelles ont également permis d’attirer de nombreuses sociétés étrangères, telles que les Américaines Archer Daniels Midland et McCann-Erickson, les suisses Novartis et Nestlé, sans oublier les Françaises EDF, Société Générale, Michelin, Total ou encore Engie. Les propos d’Aden Lünz, le directeur général commercial outremer de MAN, résument cette situation : « Je pense que l’environnement des affaires en Côte d’Ivoire est très favorable pour les entreprises qui veulent s’installer dans le pays. Il n’y a pas d’appréhension, et nous sommes là pour aider à développer tous les secteurs, dont le transport, la logistique, les mines ».   Le chef de l’État Alassane Ouattara a d’ores et déjà annoncé qu’il fera tout pour encourager les investissements étrangers directs. Voilà qui devrait encourager les PME européennes et françaises à se tourner vers la Côte d’Ivoire. Si certaines difficultés persistent (un cadre réglementaire à géométrie variable, difficulté à monter des financements dans une région jugée instable économiquement et politiquement), la principale difficulté des entreprises hexagonales est la concurrence internationale : Turcs, Italiens, Espagnols et surtout Chinois sont présents dans le pays et taillent des croupières à la présence française.