Alors que les accidents impliquant des véhicules autonomes se multiplient dans le monde, la Chine veut durcir ses règles de sécurité routière. Face à la hausse de ces incidents, notamment aux États-Unis où la réglementation stricte est moins appliquée qu’en Europe, Pékin a décidé d’intervenir. Avec une législation plus sévère en préparation, visant autant la protection des intervenants sur la route que la prévention des collisions, la Chine insiste : « l’innovation technologique ne se fera plus au détriment de la sécurité routière ».
Un projet de normes en consultation publique
Le 12 février 2026, le ministère chinois de l’Industrie et des Technologies de l’Information (MIIT) a publié un projet de normes mis en consultation publique, rapporté par CarNewsChina.com. Le texte prévoit de rendre obligatoires de nouvelles exigences de sécurité pour les véhicules autonomes à partir du 1er juillet 2027, avec un délai de grâce de 13 mois pour les modèles déjà homologués. Ces normes portent principalement sur la sécurité des systèmes de conduite autonome de niveau 3 : les véhicules devront pouvoir effectuer des manœuvres à risque minimal, par exemple changer de voie ou se garer en sécurité si le conducteur ne répond pas.
Ce resserrement réglementaire fait suite à un accident tragique en décembre 2025 à Zhuzhou (province du Hunan), où un robotaxi de la marque Hello n’a pas détecté un piéton sur une chaussée verglacée, révélant une faiblesse dans la détection autonome. Des incidents comparables impliquant Waymo, Uber, Cruise et Toyota dans le monde ont aussi été recensés, renforçant l’idée qu’un cadre juridique plus strict est nécessaire pour surmonter les défis techniques et réglementaires.
Niveaux d’autonomie : 3 et 4 se rapprochent
D’après des médias comme Caixin, ces nouvelles règles tendent à estomper la frontière entre les niveaux 3 et 4 définis par la Society of Automotive Engineers (SAE). Le niveau 3 permet théoriquement au véhicule de prendre le contrôle dans certaines conditions, tout en demandant au conducteur de reprendre la main si besoin. La nouvelle exigence est que ces véhicules puissent « réagir en cas d’absence humaine pour des raisons de sécurité », ce qui donne un rôle beaucoup plus actif à l’automatisation. Résultat : la conduite autonome dite de niveau 3 ressemble de plus en plus au niveau 4, où l’humain n’est plus requis dans la zone opérationnelle du véhicule.
Ces ajustements visent à moderniser la fiabilité du niveau 3, jugé fragile sur le plan structurel. Le régulateur chinois le dit clairement : pas question qu’un système autonome « lâche les commandes dans le vide ». Parmi les obligations, il faudra sécuriser la trajectoire du véhicule pour éviter toute collision potentielle (même si cela peut entraîner d’autres conséquences), ce qui met la pression sur les constructeurs pour renforcer leurs algorithmes de secours.





